Auteur/autrice : Samuel Monnard

De la Suisse au Sri Lanka: une fin amère

Alors, c’était comment ton voyage?

Mes amis me regardent tout sourire, l’œil brillant, attendant avec impatience que je leur raconte mes aventures. Je reste quelques instants muette, ne sachant que répondre, la gorge nouée.

Drame au paradis

L’une de mes dernières escapades au Sri Lanka consistait à me lever avant l’aube, à 4h30 du matin exactement, pour randonner jusqu’au sommet d’une petite montagne et admirer le lever du soleil avec un point de vue que l’on m’avait annoncé comme magnifique. Ce serait un dernier adieu à mon ami Adrien, parce qu’on faisait souvent ce type d’expéditions tous les deux, sans état d’âme pour les heures de sommeil et le confort qu’on abandonnait derrière nous.

Je grimpais d’un bon rythme, avec la compagnie de quatre chiens. L’un d’entre eux suivait mes pas depuis deux jours, dormait à l’extérieur la nuit et m’attendait le matin sur la terrasse. On était devenu copains. C’était un petit chien errant, maigre. Je partageais ma nourriture avec lui. En échange, il me guidait sur les sentiers de la région. Je l’avais surnommé Kawet. On formait une joyeuse compagnie et on monta rapidement le sentier à travers le silence de la nuit.

On parvint au sommet aux premières lueurs de l’aurore. Un grand rocher au-dessus des falaises surplombait le paysage rougeoyant. C’était d’une telle beauté que ça semblait irréel, comme venu d’un autre monde. Je m’assis et contempla les couleurs flamboyantes. L’ombre laissait peu à peu place à la lumière, permettant de découvrir monts et vallées s’étendant à perte de vue. Dans un murmure, je lâchais un dernier hommage à l’ami qui était parti rejoindre les étoiles.

Je sais que je t’ai déjà dit au revoir, mais cette fois-ci est aussi pour toi, Adrien. En souvenir de tous ces moments qu’on a vécus ensemble, de l’amour de la montagne et du sport que tu m’as transmis. Merci pour tout.

Au même instant, un chien inconnu surgit en aboyant agressivement. Il attaqua ceux qui m’avaient accompagnée, se mit face à l’un et le mordit violemment. Malgré qu’il recula, effrayé, le nouveau venu continua de le menacer puis le poussa dans le précipice. Un terrible glapissement de frayeur brisa le silence. Il s’écrasa en contrebas dans un bruit sourd, mort. Mon sang se glaça.

Je n’étais plus humaine, j’étais devenue animal. Je courus après le meurtrier, enragée. Il s’enfuit. Les trois survivants gémissaient, les oreilles tombantes. Ils se tenaient devant le lieu de chute de leur ami, regardant désespérément dans le vide. Kawet hurla à mort, face au soleil levant, tel un loup. Son cri long et puissant brisait le silence et se perdait au loin. Il finit par se coucher en boule à mes côtés, abattu. Je le pris dans mes bras sans chercher à retenir le flot de larmes qui jaillissait de mes yeux. Nous étions désormais deux à avoir perdu un ami cher.

Je jetai un regard au ciel, remplie de chagrin et d’incompréhension et m’indigna:

MAIS POURQUOI?!!! MAIS POURQUOI ENCORE CA?!

Je redescendis à l’hostel le cœur noué. Kawet était toujours à mes côtés, tandis que les deux autres avaient disparu. A peine arrivés sur la terrasse extérieure, le gérant de l’établissement arriva en courant et frappa violemment mon ami à quatre pattes, jusqu’à ce qu’il tombe des escaliers et s’enfuit au loin en glapissant.

Les chiens sont sales, ils n’ont rien à faire aux alentours!

Il vit que j’étais choquée. Il éclata de rire et retourna à l’intérieur.

Le soir, attablée autour d’un repas avec d’autres jeunes, j’écoutais leurs moqueries sur ma façon de voyager, et sur le chien auquel je m’étais attachée. C’étaient des étudiants en vacances pour quelques jours, ivres la moitié du temps. Il y avait un fossé entre eux et les routards que j’avais croisés dans les autres pays. Je décidai de ne pas broncher et les laissa rire de moi, sans répondre à leurs remarques piquantes qui pourtant me lacéraient. Je me couchai de bonne heure, lasse de les entendre.

Le Tuk-Tuk

A la première heure du lendemain matin, je partis. Pas de trace de Kawet. J’aurais tant souhaité le voir une dernière fois, lui dire au revoir. Je grimpai dans le train et rejoignis une ville à plusieurs heures de trajet. Je n’avais plus ni l’énergie ni l’envie de dormir chez l’habitant, de faire de l’auto-stop ou de parler avec qui que ce soit. Je décidai de poser à nouveau mon sac dans une petite auberge bon marché, quelque peu à l’extérieur de la ville, loin du vacarme et de la foule. Je m’approchais d’un conducteur de Tuk-Tuk pour négocier le prix de la course:

“700 roupies”

“Non, non, c’est trop.”

“600 roupies, dernier prix”

J’avais déjà une idée des tarifs dans ce pays et c’était bien trop. Un jeune d’environ douze ans arriva.

“Il te demande combien?”

“600 roupies”

“Attends, je vais t’aider à chercher quelqu’un d’honnête. Le prix n’est pas correct, il essaie de t’arnaquer.”

A cet instant, comprenant qu’il venait de perdre une cliente, le chauffeur empoigna le garçon et lui mit une volée en pleine figure. Il s’apprêta à lui en affliger une deuxième. Sans réfléchir, je bondis et lui décrocha un coup de poing dans le nez. “Si quoi que ce soit arrive, tu vas peut-être te sentir faible. Mais ce n’est pas vrai, tu es forte, grave cela dans ton esprit. Garde seulement les mains bien hautes et tout se passera bien.” Les mots de mon ami et coach au Pakistan résonnaient dans mes oreilles et je protégeais mon visage, prête à esquiver. L’homme me jeta un regard mi surpris mi furieux et s’enfuit en courant, probablement plus par honte que par peur. Je restais les deux poings serrés à lui crier des noms d’oiseaux jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin de la rue. Tous les passants me regardaient avec des grands yeux étonnés. L’enfant, remis de ses émotions, me conduisit vers quelqu’un de fiable qui m’amena à bon port. Là, surprise, aucune trace d’une quelconque auberge, contrairement aux informations trouvées sur Internet. Les habitants du quartier m’informèrent que la plus proche était à deux kilomètres.

Abandonnés

Mon corps n’avait plus la moindre parcelle d’énergie et je titubais, éreintée, pour rejoindre la dernière montée avant de me reposer. Il faisait chaud, le soleil me brûlait et j’étais vidée. Depuis plus d’une semaine, j’avais de la peine à me nourrir; des nausées me coupaient l’appétit. Je sortis de mes pensées en remarquant sur le côté droit de la route, à l’ombre d’un buisson, deux minuscules boules de poils. C’était des chiots de trois semaines environ, squelettiques, couchés sur le flanc. Ils respiraient avec difficulté, dans un état lamentable. Je savais que c’était bientôt la fin pour eux. Je me renseignais auprès du personnel de l’hostel pour demander de l’aide. Ils possédaient un dalmatien, alors peut-être connaissaient-ils une association, ou un refuge. Mais ils me répondirent, tout désolés:

Laisse tomber, on ne peut rien faire.

A plusieurs reprises, je passais devant ces petites bouilles pour les caresser et les rafraîchir avec un peu d’eau. Je les voyais s’éteindre chaque fois un peu plus, respirer de plus en plus difficilement dans un semi coma. Je me sentais tellement coupable de ne rien faire. Leur état s’empira, et incapable de supporter cela, j’évitais désormais ce chemin.

Je descendis en ville pour acheter de quoi manger au marché. Une troupe d’enfants habillés de guenilles m’accosta en demandant de l’argent. L’une des fillettes avait la jambe en train de pourrir. Il n’en restait plus que la moitié. Je croisai son regard et elle me sourit. Je fondis en larmes. Je ne parvenais plus à garder une distance émotionnelle, la misère et la pauvreté me touchaient en plein cœur et me rendaient malade. J’étais épuisée, à bout de force. Normalement, je leur faisais des “high five” et ça les faisait rire. J’étais bien loin de cet état d’esprit, le moral dans les chaussettes. J’avais désormais une seule et unique certitude:

Il est temps de rentrer

Le retour

Quatre jours plus tard, je suis de retour. Les yeux plongés dans les miens, mes amis attendent la réponse à leur question. Le voyage, comment c’était? Magique, magnifique, des bonheurs et joies extrêmes, une liberté enivrante, une richesse de cultures, de religions, une expérience humaine et une aventure hors norme. Tout avait coulé de source, j’avais reçu exactement ce dont j’avais eu besoin le long de la route. Des sages m’avaient guidée et montrée la voie. J’étais sortie grandie de chaque jour de cet itinéraire initiatique. Mais ça, c’était avant. Depuis le décès d’Adrien, tout était décalé. Tout allait de travers, tout avait ressemblé à un cauchemar. J’avais eu l’impression que je n’étais plus à ma place. En deuil, loin des miens, je n’avais plus eu la force de voir la lumière dans l’ombre, de retenir le positif au milieu de la pauvreté et de la misère extrêmes. En voyageant seule et en terre inconnue j’avais été amenée à vivre de nombreuses aventures et expériences et à rencontrer tous types de personnes. Ma perception de l’environnement dépendait de mon état intérieur. J’avais eu des journées difficiles, mais j’étais remplie d’énergie et de motivation et je m’étais focalisée sur le positif. Peu avant le terme de mon voyage, après qu’une avalanche ait emporté la vie de mon ami, je n’arrivais plus à garder une vision optimiste et à retenir le bon. Tout m’avait touché en plein cœur et il en avait découlé une souffrance et une culpabilité douloureuse. Une fois de plus, c’était une question de focus. Il y a du bon et du mauvais dans chaque jour et dans chaque être humain. A nous de décider ce que nous allons mettre en avant et en retenir. Il faut être en harmonie avec soi-même si l’on veut avoir l’énergie de voir la beauté de ce monde et de ses habitants même au milieu de la misère. Je n’avais plus cette étincelle, j’avais besoin de retrouver les miens pour recharger mes batteries. J’inspire profondément et répond simplement à mes amis:

Oui, le voyage c’était bien.

J’esquisse un demi-sourire qui, je l’espère, camoufle ma voix retenue dans ma gorge nouée. Je respire lentement pour calmer mon cœur qui bat à tout rompre après ces cinq mois d’odyssée à travers le monde et je savoure comme jamais la chance que j’ai.

Au revoir, l’ami…

L’Iran

La bise d’Iran, magnifique pays à l’accueil aussi chaleureux que son climat.
Gros coup de cœur !

Pour la suite du voyage, j’ai décidé d’éviter le Balouchistan, zone dangereuse entre l’Iran et le Pakistan et qui ne se traverse que cachée dans un camion, sous escorte armée…

Je vais donc prendre un avion de Shiraz et atterrir à Karachi pour remonter le Pakistan par l’Est. Je serai néanmoins en zone insécure, j’utiliserai donc les transports en commun pour cette traversée jusqu’à mon arrivée en Inde où je reprendrai l’autostop.

Rencontre avec mon enfance

Il m’aura fallu des milliers de kilomètres en stop pour enfin me trouver. Voici l’une des étapes de mon voyage intérieur… lequel, comme la route que je suis, n’est pas encore terminé.

J’y ai mis toutes mes tripes, alors j’espère que ça pourra inspirer d’autres qui ont vécu de terribles expériences lors de leur enfance.

Article : rencontre avec mon enfance | Le Temps

Bonne lecture !

Merci au KGSFitness

Un énorme MERCI au KGSFitness – Karacabey Gençlik Spor Kulübü qui m’a accueillie les bras grands ouverts dans son club de boxe pour une semaine d’entraînement. Du pur bonheur de remettre les gants!!! Vivement les prochaines séances ! (Et pensée pour la team Pegasus Gym qui me manque)

Huge thanks to @kgs fitness who welcomed me in their boxing club for a full week training. Pure happiness !!! I’m excited for the next lessons!
And I miss my team @Pegasus Gym… my thoughts are going for you

En stop de la Suisse jusqu’au Sri Lanka

Gjirokastër, le 9 octobre 2018

Pourquoi tu pars?

J’ai tourné et retourné cette question dans ma tête, elle m’a hantée durant des jours et des nuits. J’ai galéré tant d’années à construire le peu de stabilité que j’ai pu obtenir, alors pourquoi tout quitter pour partir dans l’inconnu? J’ai fini mes études, trouvé un travail qui me plaît et je me suis entourée de personnes en or, celles qui aiment avec le cœur, de vraies lumières. Je pourrais faire mon permis de conduire, emménager dans un appartement, choisir cinq semaines de vacances dans l’année et commencer – enfin – une vie ordinaire. Finies les galères pour trouver de quoi manger et où dormir, la solitude, la peur, les cauchemars. Un quotidien bien rodé, une stabilité douillette me tendent les bras.  Pourtant, si j’écoute mon cœur, il reste un grand vide au fond de moi. Je fuis les règles et les principes, j’ai une aversion avérée pour les cadres, les préjugés et les clichés. Vous savez, les bonhommes qu’on place dans des cases? Ces gens qui ne collent pas dans la place prévue, ceux dont on se moque lorsqu’ils ont le dos tourné… C’est eux que je veux rencontrer, ceux que l’on perçoit comme différents, bizarres, inadaptés. J’ai grandi soumise à une seule manière de penser, des plus exiguës. Le monde est grand, riche de cultures et de philosophies différentes. A mon sens, le meilleur moyen de compléter ma construction personnelle est de plonger dans cette océan de couleurs et de contrastes, de m’adapter, de confronter sans cesse mon point de vue et ma vérité personnelle à d’autres. Ce n’est pas facile, ce n’est guère reposant et bien moins confortable que la routine du quotidien qui m’attend en Suisse. Mais c’est la voie que je choisis aujourd’hui, pour grandir et surtout ne pas m’enliser dans mes principes. Je réfléchis depuis de nombreuses années à une phrase dite par Gandhi:

La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous dans angles différents.

Pour être complètement honnête sur les raisons de mon voyage, je dois aussi parler du feu qui brûle dans mes tripes. Celui nourrit par la rage que je ressens envers mes parents, envers ma mère surtout, et qui me consume chaque jour un peu plus. Il est tapis au fond de moi, parfois silencieux, parfois brûlant. Dans ces moments-là, je ressens une terrible douleur. J’ai l’espoir que ce voyage me permette de prendre le recul nécessaire pour faire quelques pas de plus sur le chemin qui mène au pardon, et à l’acceptation. Je m’en vais chercher la paix intérieure au coeur de la simplicité et de la pauvreté, loin des grandes théories vides de sentiments.

Départ

Partir, tout quitter… Ce n’est pas à l’école qu’on nous apprend comment gérer ce genre de situation. Dans le domaine, à force, j’ai pris de l’expérience, et je crois bien que mes amis aussi. Peut-être s’habituent-ils à me voir m’en aller avec l’incertitude de savoir s’ils me reverront, et quand. Que ce soit lorsque je suis partie me faire opérer du cœur, lorsque j’ai voyagé seule avec mon vélo et ma tente ou lors de mon périple solitaire sac au dos au fin fond de Madagascar, ce n’est pas la première fois que je me retrouve confrontée à ces au revoir délicats, aux émotions contradictoires qui m’envahissent. Les larmes au coin de leurs yeux, les étoiles chez d’autres, leurs inquiétudes, l’euphorie, l’adrénaline du voyage et le petit pincement au cœur lorsque je leur lance un dernier regard et que j’imprime précieusement leur sourire dans ma mémoire; ils seront ma potion magique lorsque je traverserai des moments difficiles.

Les gens sont fous aujourd’hui, ils ont peur des autres.

Le père d’une amie me glisse ces mots quelques jours avant mon départ. Ils sont tellement vrais. A croire les dires de certains, je pars au suicide. Le monde est terriblement dangereux, et il va m’engloutir. Alors certes, il y a sans doute plus de risques de traverser les pays en stop que de regarder la télévision sur son canapé, mais alors que fait-on? Pour le moment, je ressens cette urgence de vivre, et j’ai une conscience particulière de la fragilité du fil auquel tient ma vie.

Sur la route

J’ai 24 ans. J’ai démissionné de mon travail, quitté la chambre dans laquelle je vivais, enlevé mes papiers de Suisse. “Globe-trotteuse” c’est ce que la dame du bureau a écrit comme nouvelle adresse.

Il m’aura suffit de penser une dernière fois à tout ce que j’ai galéré ces dernières années pour ne plus hésiter, lancer mon sac à dos le plus robuste sur mes épaules et partir le sourire aux lèvres, sans attente, ouverte à l’inconnu qui s’étend devant mes pas, avec une aveugle confiance dans la vie. J’ai embarqué dans mes affaires mon petit paresseux en peluche Múki – pratique pour voyager parce qu’il dort tout le temps – levé le pouce au bord de la route et j’ai attendu une dizaine de minutes avant qu’une camionnette s’arrête pour m’emmener sur les premiers kilomètres. La boule d’émotions dans mon ventre disparaît  tandis que je raconte avec enthousiasme mon projet au conducteur.

Les trois premiers jours, j’ai rejoint Crissier, puis Zurich, à Zagreb, visité l’Oktoberfest de Munich, mangé des biscuits autrichiens et dormi dans un camion. Múki et moi, on s’attendait à galérer pour trouver de quoi se nourrir et où loger avec notre budget serré. Pas un sou en poche, et pourtant, je n’ai manqué de rien. Au besoin, j’ai une réserve d’urgence sur mon compte en banque mais je n’ai pas touché ma carte pour le moment. Les gens que je rencontre m’offrent spontanément le repas et le gîte pour la nuit, quand ce n’est pas de l’argent. Sans doute que le sourire de Múki – même quand il dort – n’y est pas pour rien. Arrivée à Zagreb, grosse déception. Après trois heures d’attente, je suis toujours plantée en plein soleil, au bord d’une station d’essence, et je n’ai pas avancé d’un seul mètre. Un jeune homme arrive, grand sourire aux lèvres malgré son corps courbé sous le poids de son énorme sac à dos, qui doit bien faire le double du mien. Il s’appelle Elias, vient de Berlin et se dirige sur Athènes. Il a pris trois semaines de vacances pour son périple. Il est à la recherche de quelque chose lui aussi, même si je ne saisis pas réellement quoi.

J’aimerais retrouver une petite voix dans ma tête que j’ai perdue.

C’est comme ça qu’il m’a présenté la raison de son voyage, et il ne m’en a pas dit plus. Ce n’est pas nécessaire. On décide de continuer la route ensemble.

A partir de ce moment-là, on a attendu plus longtemps sur le bord des routes que quand j’étais seule, galéré un peu plus pour trouver où loger et passé quelques nuits dehors dans les sacs de couchage. J’ai réalisé, dépitée, que mon matelas de sol était percé, que mon mug sent encore l’ail une semaine après qu’on me l’ait rempli de pâtes – malgré tous mes efforts pour le laver – et que j’ai oublié de prendre mon bonnet. Rien de bien grave, et loin de la mort imminente que certains m’ont prédite.

Il y a du bon et de la douceur dans le voyage à deux. On n’est plus seul lorsqu’on est confronté à un pépin, il y a un air d’insouciance et de vacances. On vit une expérience terriblement excitante, un peu comme dans les émissions de télé-réalité au cours desquelles on doit rejoindre un point A à un point B avec trois fois rien, et s’en est presque amusant. J’apprécie grandement la découverte des côtes adriatiques avec mon nouveau compagnon de route mais mon intuition me souffle qu’il est nécessaire que la suite du voyage, je la fasse seule. Pour aller plus loin au fond de moi, il faut que j’aille creuser là où ça fait mal, très mal, et que je sorte entièrement de ma zone de confort.

Je continue une semaine avec Elias et décide finalement de partir de mon côté, émue par la simplicité et l’ouverture d’esprit des Albanais. Je poursuis ma quête seule, face à moi même et aux rencontres qui guident ma route. Je me plonge profondément dans ce pays qui m’hypnotise par son hospitalité et sa joie de vivre malgré sa grande pauvreté. Je tente de percer le secret de ses habitants et m’immerge dans leur quotidien. A la suite de cet apprentissage, je décide de reprendre la route. Demain, je rejoindrai la Grèce avant de me diriger sur Istanbul, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Inde puis le Sri Lanka. A moins que mon coeur ne me guide ailleurs.

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir mon carnet de voyage, les portraits de mes rencontres et les aventures de chaque jour!

Partir ou mourir

Je m’appelle Myriam. Je suis une jeune femme pleine de vie.
J’ai vécu l’enfer. Mon coeur a explosé de chagrin. Mon corps a explosé de douleurs.

Enfance

Je suis née en 1994, dans une famille aisée. On m’a expliqué qu’on n’était pas n’importe quelle famille, qu’on était au-dessus de la moyenne, qu’on avait du sang noble. Les repas étaient des leçons de savoir-vivre menées à la baguette, pour apprendre à se « distinguer ». On m’a enseigné que seuls les premiers réussissent dans la vie. J’ai passé l’essentiel de mes étés dans une maison donnant littéralement sur la plage, en bord de mer, et les vacances d’hiver sur les pistes de ski. Je faisais partie de ces élèves modèles, ceux qui raflent tous les prix aux promotions annuelles de l’école, ceux qui s’attirent le respect et l’admiration des enseignants, écoutant avec assiduité les cours, sagement assis en silence la semaine et enchaînant les dimanches sur les bancs de l’Église, toujours sans mot dire.

L’exemple parfait de la famille parfaite tant désirée par mes géniteurs.

Ce que je n’ai pas encore mentionné, c’est que mon apprentissage de la vie se faisait à coup de patates sur ma tronche, de rétorsions, de séquestrations, d’insultes et de violences. Qu’à l’école, on m’appelait « mycose au cul ». Que celui qui me touchait, attrapait la peste. Qu’on m’a rouée de coups, ouvert les tibias à coups de pied, craché à la figure. Que mes parents avaient l’intime conviction que j’étais possédée par un terrible démon et que seul l’exorcisme pouvait me sauver de l’enfer.

Plus petite que tous, maigre, j’ai grandi de travers, sans guère d’ami ni d’espoir, le cœur brisé, hurlant ma rage et refusant de me soumettre, encaissant les coups plutôt que de me voir abandonner mon identité.

Le SED

Le mot maltraitance, ce sont mes médecins qui m’en ont parlé pour la première fois. J’étais en plein milieu de l’adolescence, et je me retrouvais dans l’hôpital principal de ma ville avec un drôle de nom à digérer, qu’on venait de m’attribuer: le syndrome d’Ehlers-Danlos. C’est une maladie rare, orpheline – car aucun traitement n’existe -, génétique, responsable d’une certaine fragilité des organes en raison du manque de collagène qu’elle induit. Les examens médicaux s’enchaînaient à une vitesse hallucinante, et les rapports de plusieurs pages se cumulaient, couverts d’encre. Mon cœur, mes yeux, les nerfs, le système digestif, la peau, les articulations, le système urinaire, la colonne vertébrale, etc., tous mettaient à jour une atteinte importante. L’analyse génétique confirma le tout par un nom barbare, éliminant tout doute subsistant: mutation COL5A1.

Face à ce chaos, mes parents rentrèrent dans un déni complet, riant de ces nouvelles :

« Ah tu les as bien eus, tu as joué la comédie et ils sont tombés dans le panneau ! Tu pourrais faire du théâtre ! »

Le personnel qui me suivait et me soignait était attentif à moi, m’écoutait. Stupéfaits devant ce comportement, ils me posèrent des questions. Face à leur gentillesse, à leur bienveillance, j’ai craqué et je suis tombée en larmes dans leurs bras. Inquiets, ils m’ont invitée à prendre contact avec le service de protection de la jeunesse, lequel m’a immédiatement assuré un suivi.

Le départ

Quelques mois plus tard, la situation se détériorant, je craignais pour ma vie et mon intégrité était déjà trop entamée. J’ai sauté par la fenêtre de ma chambre, je me suis cachée dans les buissons de la rue voisine et j’ai composé le 117, les mains tremblantes, le chat du quartier serré contre moi. La police est venue me chercher. J’avais 17 ans, un sac sur le dos avec ma peluche fétiche et quelques habits, l’inconnu en ligne de mire. Je suis montée dans la voiture aux sirènes tournoyantes qui s’enfonçait dans la nuit noire.

J’ai erré longtemps, sans repères, dormant là où l’on voulait bien m’accueillir, mangeant la nourriture que l’on était d’accord de me donner, luttant pour obtenir l’aide du service social, dubitatif au vu du salaire de mes parents. J’ai connu la faim – avec par exemple 20 CHF pour couvrir tous les frais et ma nourriture durant un mois – , l’instabilité, le désespoir. Pourtant de cette ombre des personnes sont apparues pour me guider et petit à petit, je me suis reconstruite de mes cendres.

Un nouvel élan

J’ai trouvé une chambre dans un foyer glauque pour les gens “comme moi”, un travail et j’ai commencé le sport. D’abord 12 kilomètres à vélo, puis 40, puis 180. Ensuite, j’ai continué avec la course à pied. Les compétitions s’enchaînaient. Les vingt kilomètres sur route se sont rapidement transformés en septante kilomètres en montagne. Je trouvais un nouvel élan à mon existence, de véritables amitiés se tissaient et je vivais des moments riches en émotion. Mon corps, étonnamment, s’adaptait et la maladie se faisait plus discrète, les douleurs et la fatigue diminuant au fur et à mesure que je cherchais mes limites physiques.

Je me suis lancée dans des études en biologie, et j’ai déménagé dans une vraie chambre d’étudiant. Deux ans plus tard, j’essuyais un échec définitif, je perdais le financement que j’avais obtenu pour mon cursus universitaire, je me retrouvais à nouveau sans logement et sans le sou. Au même moment, le cardiologue m’annonçait que j’allais devoir me faire opérer à cœur ouvert. Les compétitions et les entraînements avec mon équipe étaient désormais interdits et moi, je plongeais droit dans les abîmes.

A deux doigts de la mort

Perdue, remplie de chagrin, et malgré l’avis négatif des médecins, j’ai décidé de traverser les Alpes suisses en courant, sur plus de 400 kilomètres, du Liechstenstein jusqu’à Lausanne, accompagnée et soutenue par mon ancien entraîneur, ami, et l’un des meilleurs coureurs d’ultra, Diego Pazos. J’ai retrouvé un travail, dans un magasin de sport. Quelques mois plus tard, j’entrais à l’hôpital pour l’opération prévue. Ils ont scié mon sternum en deux, ont branché mon cœur à la machine cœur-poumon, l’ont arrêté, ont réparé ma valve aortique et remplacé une partie de mon aorte. A peine sur pied, de graves complications – sans le pressentiment inexplicable de la cardiologue, je serais morte – m’ont renvoyée d’urgence au bloc opératoire pour une deuxième intervention chirurgicale.

Je m’en vais

Une fois sortie de ce gros bloc gris qui a failli m’avaler, j’ai convenu avec mon employeur de faire un apprentissage dans son entreprise. Deux ans plus tard, à 24 ans, je le termine avec brio. Je suis première du canton. Les sports de montagne ont laissé place à la boxe, devenue essentielle pour me permettre de recracher la haine de mon passé qui me ronge et pour me guider vers un nouveau chemin. Mon coach, Jamal, devient mon mentor. Il me soutient avec bienveillance, me permet de retrouver ma force, et de m’épanouir. J’acquiers enfin un peu de stabilité. Pourtant, brûlée à vif par les blessures du passé, épuisée après m’être trop donnée au travail, le cerveau rempli de milliards de questions, je décide de tout quitter pour une grande aventure. Je démissionne de mon emploi et me prépare à partir en stop. Ainsi en septembre je m’en irai de la Suisse pour un long voyage en direction du Sri Lanka, à la recherche d’une certaine sérénité, espérant semer en chemin la haine et la colère qui me rongent.

C’est cette nouvelle vie que je vous propose de découvrir et de suivre ici. Je vous partagerai mes questionnements, mes rencontres, mon voyage, mes réflexions…

“Je ressemble aux oiseaux, disait-elle. J’apprends à chanter dans les ténèbres.”

(Denis Diderot)

Une surprise à l’arrivée

Diego et Florent ont préparé l’arrivé de Myriam, rassemblé ses proches. Avec l’équipe d’Attalens, on a préparé le barbecue. Laure est venu pour offrir un massage sur la ligne d’arrivée. Notre petite équipe de tournage présente, je vous partage quelques images prises par Justine sur la ligne d’arrivée.

 

11 août: col de Jaman – Attalens

Départ du col de Jaman où j’ai passé la nuit sous tente pour rejoindre Attalens et la ferme où je monte à cheval. Blandine, Julien et Pipa m’accompagnent pour cette journée magnifique. Au programme, env. 25 kilomètres donc une petite journée. C’est sous un soleil éblouissant qu’on court. Au début on se perd un peu on prend des passages très techniques (sauf pour Pipa qui a l’air très à l’aise) pour rejoindre le bon chemin. A Châtel-St-Denis surprise! Adrienne (la propriétaire des chevaux) arrive à cheval! On fait alors le dernier bout ensemble, et c’est l’occasion pour Blandine de découvrir l’équitation.

A la ferme, on reçoit un accueil de rois. Adrienne me prépare une petite potion d’herbes pour mon tendon d’Achille qui est toujours bien gonflé.

10 août- Etivaz-Rochers de Naye-col de Jaman

Départ de l’Etivaz avec quelques bonnes grimpettes au programme. Flo, les jambes encore douloureuses de Sierre-Zinal me rejoindra en partant du Rocher de Naye et en faisant le chemin en sens inverse.

Il fait grand beau, j’ai les jambes en bonne forme. Je me perds quelques fois dans les prés et c’est assez technique ces descentes dans les prés couverts de trous de vache. Après quelques figures acrobatiques je reçois un sms de Flo: il arrive, on fera la montée ensemble. Le réseau est quasi inexistant et je lui écris que c est tout bon, j’arrive tout soudain au pied de la montagne. Je ne le vois pas, je n’ai pas de réseau et j’entame ma grimpette. Ça monte droit en haut, la pente est tellement raide que je m’aide beaucoup des mains. 5 minutes, 10 minutes , 30 minutes, toujours rien,pas de Flo ni de réseau. J’arrive finalement en haut et l’appelle. Il a déjà parcouru une dizaine de kilomètres, oups on s’est loupé…

Le temps qu’il revienne et on se rend compte que je suis montée par le mauvais chemin. Oups… je m’en veux un peu de lui avoir fait courir autant juste après Sierre Zinal.

Flo rentre chez lui un peu dépité et Samuel me rejoint avec la tante pour la nuit. On va ensuite ensemble au col de Jaman. Il me montre comment installer la tante et je le retrouverai demain à Attalens.

Bonne nuit!

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De Lenk à L’Etivaz

Une journée dans la boue et le brouillard ! Pourtant parfois, le voile se lève pour laisser paraître des paysages incroyables.

Les journées brouillard, contrairement à ce que l’on pense, peuvent être magique, comme à la sortie d’un songe. C’est aussi un passage particulier, puisque Myriam est passée de Suisse allemande à la Suisse romande. Sur le site web officiel de la Via Alpina suisse, ils disent : Sentier d’altitude à la belle vue, par l’auberge «Berghaus Eggli» et la région calcaire de Wilde Bode jusqu’à la frontière linguistique du col de Jable. Nombreuses cabanes d’alpage avec grands toits de bardeaux et fabrication de fromage au-dessus d’Etivaz.

Une chose est sûre… il a fallu mettre les pieds dans la boue!

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De Oschinensee à Lenk

Après une nuit d’un orage magistrale, le temps est revenu à son plus beau soleil et ses températures estivales. Un déjeuner copieux devant le Lac de Oschinensee et Myriam part avec Julien Danglot (venue en vacances depuis Cahors dans le sud de la France) sur Kandersteg. Une belle descente avant de rejoindre Céline Horner. C’est ainsi que tout trois se sont élancés vers de nouveaux Cols et rejoindre Lenk en fin de journée.

Le voyage de Myriam, c’est surtout une manière d’arpenter les montagnes mais aussi pour aller au fond d’elle-même. Ce soir à Lenk, elle m’envoie cette citation en me disant : « Cela résume bien mes derniers jours. »

C’est impossible, dit la fierté
C’est risqué, dit l’expérience
C’est sans issue, dit la Raison
Essayons, murmure le Coeur
Wiliam Arthur Ward

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De Lauterbrunnen à Oschinensee

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Deux grands cols en une seule journée !

Reprise à fond les ballons pour cette 8ème journée. En compagnie de Diego parti la rejoindre sur le parcours de la journée. Cette journée a compté deux grands cols, le premier à  2612 mètres et le second à 2834 mètres à la cabane de Blümlisalp. En avance sur le programme de la journée, Diego a accompagné Myriam dans une bonne partie de la montée sur Blümlisalp avant de repartir prendre le bus à Griesalp.

Un accueil particulier à l’Oschinensee

Après le Blümlisalp, il était temps de resdescendre à nouveau. Cette journée de vendredi a compté pas moins de 33km pour pas moins de 3300 mètres de dénivelés positifs. Un retour en force de Myriam et de sa bonne humeur! Arrivée particulière à l’Oschinensee, puisque quelques amis d’Attalens sont venus la rejoindre pour un barbecue au bord du Lac.

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De Grindelwald à Lauterbrunnen

Hier, pour des questions de logistique (les hôtels changent leur prix très rapidement en haute saison, à plus de 250 chf pour Schwarzwaldalp), j’ai dû demandé à Myriam de prendre le train entre Meiringen et Grindelwald. Décision difficile puisque tourmenté avec une précédente journée où son genou et le moral ont été mis à rude épreuve, il n’en aura fallu de peu pour décevoir Myriam. Elle qui cherchait dans cette aventure a aller au bout de elle-même, aller dans sa zone de non-confort.

Pourtant, le trajet avec Florent et quelques caramels ont eu raison de ce gros bas pour remonter la pente et repartir le lendemain plus en forme que jamais via la Kleine Scheidegg avec Diego! Voici les photos!

 

Entre Engelberg et Meirigen

Il est des jours où tout se transforme, intérieurement dabord. Cette journée est à marquer d’une nouvelle pierre puisque c’est aussi l’étape de cette Via Alpina où Myriam a arpenté seule la montée sur le Jochpass. Mais pas seulement car depuis là où je me tiens, je vois défiler des paysages par les images de Myriam, Diego et Florent. Cela me laisse souvent rêver de ces hauteurs, des ces paysages qu’on ne connaît, pour la plupart, pas encore. La Suisse allemande, au-delà de la barrière des mots, est certainement le coeur même de la Suisse telle que l’on imagine au-delà de nos frontières.

Ce soir, c’est avec émotion particulière que je vous partage les quelques images qui me sont parvenues de cette journée. Une première partie de la journée en solitaire puis les retrouvailles avec Florent qui la rejoint cette après-midi à Planplatten. Tous ces noms ne vous parlent pas ? Alors je n’ai qu’une seule recommandation à vous faire… oubliez les longs voyages en avion, loin, trop loin d’ici et prenez simplement un sac à dos et un billet pour le monde juste à côté de votre portes. Vous ne pouvez pas le regretter, c’est si beau, si sauvage, si dépaysant.

Myriam disait ce soir :

Aujourd hui, une dure journée pour mes jambes fatiguées. Les paysages étaient magnifiques comme toujours mais la douleur était bien présente avec son lot de doutes et de remises en question. L’endroit où je devais dormir ne jouait finalement pas et le nouvel hôtel portait à 60km au lieu de 40 la distance du jour. C’est difficilement que j’ai pris la décision de faire les 23 derniers kilomètres en train, mes genoux étant fatigués et le voyage loin d’être fini. Heureusement les retrouvailles avec Flo m’ont motivé. Avec son paquet de caramels et ses massages, la journée s’achève le sourire aux lèvres. Un énorme merci à lui (les jurassiens sont les meilleurs du monde) et demain Diego prend le relais, me réjouis!

 

De Spiringen à Engelberg

Ce soir en arrivant à Endelberg, Myriam a reçu la pluie ou plutôt une averse de 12 (comme on dirait en valais). En effet, à quelques centaines de mètres avant Engelberg, la pluie s’est mise à tomber. Myriam a alors trouvé refuge avant de me contacter : « Sam, je suis sous un arbre, c’est le déluge ici ! ».

De mon côté, j’étais soulagé, j’étais heureux, d’apprendre que cette nouvelle journée se termine bien. Il y a deux jours, un orage était annoncé le matin et hier, il devait tomber à 14h00. Finalement aujourd’hui, c’était seulement 17h00. Comment vous expliquer ce qu’est un orage en montagne à des kilomètres de tout refuge ?

Et c’est sur ces quelques mots, que je vous laisse lire les mots de Myriam, trempée et heureuse :

Aujourd’hui, première journée seule. Dès tôt le matin il fait chaud et lourd. La montée depuis altdorf est compliquée par la chaleur étouffante et le soleil qui tape. Je veille à économiser au maximum mon énergie, le périple est loin d’être fini! La chaleur, la solitude et l’effort me mènent vers un autre voyage, intérieur celui-là. D’abord mes pensées bouillonnaient, pleines de questions, de peurs, de doutes. Mais petit à petit mon esprit s’apaisait, bercé par les magnifiques paysages. J’ai vraiment un grand respect pour la montagne, toute petite au milieu de ses étendues. Mes muscles commencent à me tirailler et je prend les descentes tranquillement, heureusement le tendon va bien mieux! Un déluge m’accompagne pour les derniers kilomètres et c’est fatiguée mais heureuse que j’arrive au terme de cette étape. Demain sera la plus grosse étape, Flo me rejoindra en cours de route. Je profite de cette soirée pour réanimer mes muscles ;-).

 

De Braunwald à Spiringen

Cette nuit, Florent a rejoint Myriam sur la pointe des pieds. Son arrivée prévue à 22h et un train bloqué à Zurich auront suffi à Myriam et Maud pour s endormir. Comme quoi il a échappé de peu aux taquineries de notre cher Myriam !

Bref, ce matin 6h14, le duo Myriam et Florent regardait le magnifique levé de soleil avant de repartir sur leur objectif de la journée, Spiringen.

Une journée magique

Voilà les mots de Myriam en arrivant cette après-midi à Spiringen. Le soleil a accompagné Myriam et Florent tout le long de la journée.
Selon Florent, Myriam tient une forme olympique tout en la modérant sur les montées et descentes afin de la préserver de toutes blessures maladroites. De plus, le talon a mieux amorti les frottements du soulier avec du tap et les protections remises le jour précédent à Florent.

Aujourd’hui c’est aussi l’aide de Stéphanie pour la réservation de l’auberge qui a été d’une grande aide. Mon allemand très limité et le suisse allemand très marqué des hôtes de Myriam étaient pas évidents à comprendre. Qui plus, ils ont spécialement cuisiné pour Myriam (la cuisine étant fermée au mois d’août).

Ce soir c’est aussi moins de photos car pas de wifi et de réseaux. On ne peut que souhaiter à Myriam de reprendre demain matin la route, en pensée :-).
Myriam écrivait à 14h26 :

Super accueil à l’hôtel après une journée magnifique comme les précédentes!!! Le soleil nous a fait cadeau de sa présence et Flo et moi avons vécu une journée magique! Je le retrouve mercredi vers midi, demain je serai seule et ce sera l’occasion de vivre mon voyage différemment. Il commence à faire chaud, l’hydratation sera un point clé pour passer le mieux possible les prochaines étapes. Mon tendon va mieux et je suis toujours en forme, me réjouis des journées à venir!!! Les paysages sont incroyables et j’ai énormément de plaisir! Un grand merci à toute l’équipe qui me suit!

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Merci du fond du coeur à l’auberge de St-Anton

Il y a quelques années, j’avais également été reçus par le couple qui tiennent l’Auberge de St-Anton. Deux personnes hauts en couleurs et chaleureux. Lorsque Stéphanie m’a aidé à les contacter par téléphone, nous avons pu réserver une chambre. Seulement le restaurant était fermé. Il fallait donc que Myriam se rende plus loin pour manger le soir. Et vous savez quoi ? Ils ont tout simplement ré-ouvert la cuisine pour concocter un bon repas à Myriam. Le plus simple des gestes qui semble anodin et pourtant…

Je tiens à remercier les hôtes de Myriam et à mettre en avant que souvent encore, les bonnes adresses ne se trouvent pas toujours sur internet !!!

Donc si vous souhaitez un jour passer par chez eux, il faudra téléphoner et en allemand s’il-vous-plaît (merci à Stéphanie pour le coup de main) :

Gasthaus St. Anton
St. Anton
6464 Spiringen
Tel. +41 (0)41 879 11 41

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De Elm à Braunwald

Myriam et Diego sont partis ce matin de Elm avec encore du brouillard et de la pluie. Une belle montée jusqu’au Richetlipass à 2261 mètres. Depuis là, quelques éclaircis sont apparus, rendant le décor féérique.

Dans la descente, perdant un peu le parcours de la Via Alpina, ils sont tombés sur une annonce impossible à manquer : la tarte à la fraise fait maison ! A voir le sourire de Myriam, on se doute bien que la tarte est bien passée … Et c’est sur cette pause bien méritée que Diego retourne à la maison pour quelques jours. Myriam disait :

Une nouvelle journée magnifique, en forme et de bonne humeur !!! Maud nous rejoint ce soir (trop coooool) et Florent remplace Diego le champion toute catégorie: champion de trail, de bonne humeur, de bienveillance, sherpa, et coach! Mon tendon est toujours douloureux mais il ne m’empêche pas d’avoir enormement de plaisir!!!

Ce soir, Myriam ne sera pas seul. D’un côté, Maud Moser, la rencontre improbable du jour précédent, va retrouver Myriam à Braunwald vers 18h. Florent va également rejoindre Myriam dans la soirée à Braunwald pour la grande étape de demain.

Du côté logistique, tout se passe bien. Il va falloir dans la prochaine heure préparer de quoi requinquer la cheville de Myriam, du moins protéger un maximum l’arrière du pied qui frotte beaucoup sur le haut de la chaussure. Puis sans trop tarder, je rejoins Florent Eggenschwiler à la gare de Lausanne pour le lui remettre le matériel.

De l’assistance sur mesure

Avec Myriam, il y a toute une équipe. Des amis de tout horizon, des proches et vous !

Dans le lot, Diego Pazos qui court avec Myriam sur la plus grande partie du parcours. J’ai fait sa connaissance au tout début du projet. Diego, c’est avant tout un passionné de sport. Depuis son aversion pour le trail, il a obtenu de très bons résultats comme par exemple sa 11ème place à l’ultra trail du Mont-Blanc (169km) ! N’étant pas un grand connaisseur de la discipline, je remarque qu’il a obtenu la 1ère place au trail des Paccots (27km). Retrouvez plus de détails sur http://planet-endurance.ch/diego-pazos/

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Et c’est aussi un excellent coach qui sait anticipé le niveau des défis. En tant qu’ami de Myriam, c’est quelqu’un de dévoué et de formidable qui n’hésite pas à donner de son temps et de son énergie à des projets qui le tiennent à coeur.

Hier, à la même heure, j’entamais à peine la rédaction de la nouvelle étape que Diego et Myriam était arrivé à Elm ! Alors ce matin, j’ai pris les devant pour explorer la carte. A peine assis sur le carrelage, la carte dépliée que mon assistante, Brou, a pointé ses petites pattes.

Prêtes pour aller au lit !

Après une longue journée comme celle-ci, il est temps pour tout le monde d’aller se coucher (ah non pas vous ?)

En bonus quelques images du coucher de soleil par Myriam en compagnie de Maud.

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De Weisstannen à Elm

Ce matin, Myriam et Diego partaient de Weisstannen (Canton de Saint-Gall). Myriam m’a confié hier soir par sms qu’ils avaient très peu de réseau. C’est un faite, la Via Alpina, même si elle passe par quelques villes, c’est surtout des montagnes, des vallées, des alpages, des forêts, des hameaux (petit village).

Aujourd’hui, leur itinéraire emprunta le Foopass, premier Col du Parcours à 2223 mètres et déjà ils seront dans un nouveau canton, celui de Glaris. Ce matin, le temps était déjà au brouillard. J’espère pour eux qu’ils trouveront le bon chemin car dans les alpages, les chemins créés par les vaches ont la facheuses tendances à laisser présager beaucoup d’alternatives.

Prochaines nouvelles en fin de journée. Sous la pluie de 18h ? ou avant ?

Arrivée à Elm

Deuxième journée accomplie pour Myriam et Diego. Parti ce matin, ils sont arrivés à Elm à 13h26. Quelle bonne nouvelle ! Mise à part une légère douleur au talon d’achille dû à la pression de la chaussure, Myriam tient la forme.

Aujourd’hui, oh surprise, une connaissance de trail, Kira, les a accompagné sur le parcours. Accompagné par son frère, Kira a porté le groupe à 4.

Sur le parcours, ils ont fait une belle rencontre avec Maud Moser. Partie il y a quelques jours, elle fait également la traversée de la Suisse par la Via Alpina. En mode randonnée, elle devrait atteindre Montreux dans 15 jours environ.

De Schaan à Weisstannen

Schaan, à deux pas du Lichtenstein (plus quelques centaines d’autres). Une auberge de jeunesse. Nous avons passé la nuit dans les chambres dortoirs. Diego, Myriam, Samuel et Fredrik. Il se pourrait bien que nous nous sommes heurtés à une réceptionniste peu enclein à modifier l’heure du déjeuner. 7h30 pétante !

En effet, ce matin à 7h29 la salle était vide et soudain à 7h30, pain, confiture, jambon, beurre, céréales, fromages, lait, thé, café… était à disposition. Et il était temps, déjà le soleil illumine la place avant de l’auberge. Oui, en effet, la vallée du Rhin, entourée de montagnes, ne laissent percevoir le soleil qu’en milieu de matinée.

Et c’est ainsi que sacs sur le dos, Myriam et Diego partent joyeusement vers Weisstannen où ils sont arrivés à 17h.

Diego Pazos a immortalisé quelques instants sur le chemin de cette première journée.

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L’arrivée à Weisstannen, c’était ça !

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